
Arabie Saoudite
Histoire
De l’antiquité a 1727
Au commencement, l’Arabie saoudite était un « pont » entre l'Inde, l'Égypte et Rome. Le Royaume de Saba dominait alors la région grâce à la digue de Marib. On y exportait de l'encens et de la myrrhe, des produits qui étaient plus précieux que l'or à l'époque.
Puis, entre le IIe siècle av. J.-C. et le IIe siècle apr. J.-C., les Nabatéens contrôlèrent les routes caravanières. Leur capitale était Pétra, mais leur deuxième ville majeure fut Hégra, en Arabie. Ils y sculptèrent des tombeaux monumentaux dans le grès rose.
Vint ensuite la période de la « Jahiliyya » : juste avant l'Islam, la péninsule était une mosaïque de tribus nomades (Bédouins) et sédentaires. La Mecque devint alors un centre religieux et commercial majeur sous l'égide de la tribu des Quraysh.
De 610 à 632, le prophète Mahomet reçut la révélation à La Mecque, puis fonda le premier État islamique à Médine. À sa mort, la péninsule fut unifiée politiquement pour la première fois. Très vite, cependant, l'Empire musulman devint trop vaste. Le califat se déplaça à Damas (Omeyyades) puis à Bagdad (Abbassides). L'Arabie « centrale » (le Nejd) retomba dans un isolement tribal, tandis que le Hedjaz (la côte ouest avec La Mecque) resta sous l'influence des grands empires extérieurs.
C’est ainsi qu’en 1517, les Ottomans conquirent l'Égypte et étendirent leur protectorat sur les villes saintes de l'Arabie. Ils contrôlaient les côtes, mais le désert intérieur (le Nejd) demeura largement hors de leur portée.
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2. La naissance de l’État Saoudien (1727 – 1938)
C'est au XVIIIe siècle que l'histoire politique moderne de l’Arabie commença. Mohammed ben Saoud, émir d'une petite oasis nommée Diriyah, accueillit un réformateur religieux radical, Mohammed ben Abdel Wahhab. Ils jurèrent de purifier l'islam des pratiques qu'ils jugeaient idolâtres et d'unifier les tribus. En quelques décennies, ils conquirent le Nejd, puis La Mecque en 1803.
Cela terrifia l'Empire Ottoman. Le sultan ottoman ordonna à son vassal égyptien, Méhémet Ali, de briser cet élan. En 1818, après un siège sanglant, Diriyah fut rasée. L'imam saoudien fut quant à lui exécuté à Constantinople.
Cependant, la famille Saoud n'abandonna pas. En 1824, Turki ben Abdallah Al Saoud reprit le contrôle et installa la capitale à Riyad, qu'il jugeait plus facile à défendre que Diriyah. Cet État fut toutefois affaibli, non pas par les Ottomans, mais par des guerres de succession entre les fils du roi Fayçal ben Turki. Profitant de ces faiblesses, une famille rivale, les Al Rachid de Hail (soutenus par les Ottomans), s'empara de Riyad en 1891. La famille Saoud dut alors fuir dans le désert, puis s'exiler au Koweït.
En 1902, le jeune Abdelaziz Al Saoud, fils de l'émir en exil, décida de reprendre son héritage. Avec une soixantaine de compagnons fidèles, il lança une attaque surprise de nuit contre le fort Masmak à Riyad. Il tua le gouverneur des Rachid et reprit la ville. Ce fut l'acte de naissance de l'Arabie saoudite actuelle. À partir de cette petite ville, il passa les trente années suivantes à unifier tout le reste du territoire.
Enfin, en 1938, peu après la création du pays, des géologues américains découvrirent d'immenses réserves de pétrole. Le pays passa alors, en une seule génération, du chameau à la Cadillac.
Géopolitique
Le drapeau de l'Arabie Saoudite est de couleur verte, symbole de l'islam, avec une inscription en blanc qui représente la shahada, la profession de foi musulmane. Le drapeau a été utilisé par les armées wahhabites au début du 20ème siècle et est devenu le drapeau national. Le vert est associé à la foi islamique, tandis que le sabre sur le drapeau symbolise la justice et l'unification du pays par Ibn Séoud. L’Arabie Saoudite est un pays musulman chiite [= Musulmans vouant leurs allégeances à Ali gendre de Mahomet, sunnite = musulmans vouant leurs allégeances aux compagnons de Mahomet] situé dans la péninsule Arabique. C’est le plus grand pays du moyen orient, et le second du monde arabe derrière l’Algérie, avec 200 millions de km2 totalisant une population de 35 millions d’habitants. Sa capitale est Riyad. Son régime est une monarchie absolue, son roi est Salmane ben Abdelaziz Al Saoud, le Premier ministre et prince héritier qui, en réalité dirige le pays, est Mohammed ben Salmane.
Les etats unis et l'arabie un partenaria de longue date
Tout commence le 14 février 1945. À bord de l'USS Quincy, le président Franklin D. Roosevelt rencontre le roi Abdelaziz Al Saoud. Les États-Unis obtiennent un accès privilégié aux ressources pétrolières (via l'ARAMCO) en échange d'une protection militaire indéfectible de la dynastie saoudienne. Pour Washington, il s'agit de sécuriser l'approvisionnement énergétique nécessaire à la reconstruction de l'Europe (Plan Marshall) et de contrer l'influence soviétique naissante. Puis dans les années 1970, sous l'influence de Henry Kissinger (Secrétaire d'État de Nixon et Ford), la relation franchit un palier majeur. Après l'embargo pétrolier, Kissinger comprend que l'Arabie saoudite n'est plus seulement un fournisseur, mais une puissance financière. c'est dans ce cadre que Kissinger négocie un accord historique : le pétrole mondial sera desormais libellé en dollars US. En échange, les Saoudiens réinvestissent leurs surplus financiers dans le Trésor américain et achètent massivement des armes aux États-Unis. Pour lui, la stabilité du Golfe est un "intérêt vital" qui justifie de passer outre les différences idéologiques ou religieuses. C'est le triomphe de la Realpolitik : l'ordre mondial prime sur les valeurs. Zbigniew Brzezinski, conseiller à la sécurité nationale de Jimmy Carter, a vu l'Arabie saoudite à travers le prisme de sa théorie du "Grand Échiquier".Suite à la révolution iranienne (1979) et l'invasion de l'Afghanistan par l'URSS, Brzezinski définit l'Arabie saoudite comme le pivot central de la résistance au communisme au Moyen-Orient. Influencée par Brzezinski, elle stipule que toute tentative de prendre le contrôle du Golfe sera considérée comme une attaque contre les intérêts vitaux des États-Unis et sera repoussée par la force. C'est l'époque de la coopération étroite pour financer les moudjahidines afghans contre les Soviétiques, mêlant stratégie américaine et influence religieuse saoudienne.
À l'origine, le pétrole saoudien était exploité par des compagnies américaines. Aujourd'hui, la situation est inversée : c'est l'Arabie saoudite qui possède des infrastructures majeures aux États-Unis. L'ARAMCO est fondée en 1933 sous le nom de California-Arabian Standard Oil Co. (devenue Arabian American Oil Co.), elle regroupait les ancêtres de Chevron, ExxonMobil et Texaco. L'État saoudien a racheté 100 % des parts, créant Saudi Aramco. Les compagnies américaines ne sont plus propriétaires des gisements, mais restent des partenaires techniques et des clients privilégiés. Fait marquant, Saudi Aramco détient désormais à 100 % la plus grande raffinerie d'Amérique du Nord, située à Port Arthur (Texas). Les Saoudiens utilisent leurs propres usines sur le sol américain pour raffiner du pétrole (qu'il vienne d'Arabie ou d'ailleurs) et le vendre aux automobilistes américains.
Pour acheminer le pétrole de l'Arabie vers le continent Americain, cela repose sur une logistique maritime massive permise par la puissance maritime Américaine. Le pétrole est acheminé par pipelines depuis les champs de Ghawar (le plus grand au monde) vers les terminaux d'exportation comme Ras Tanura sur le golfe Persique. Puis charge sur les supertankers (VLCC) pouvant transporter 2 millions de barils. Le trajet dure environ 30 à 40 jours pour rejoindre les ports du Texas ou de Louisiane. Ensuite les batiments franchissent le détroit d'Ormuz, puis le canal de Suez (ou contourner l'Afrique par le Cap de Bonne-Espérance pour les plus gros navires). C'est pour sécuriser ces routes que la marine américaine (5e flotte) maintient une présence massive dans la région.
Evolution actuelle
Grâce à la combinaison du forage horizontal et de la fracturation hydraulique, les États-Unis ont connu une explosion de leur production domestique à partir de 2008-2010. En 2024, les États-Unis produisent environ 13 millions de barils par jour, ce qui en fait les premiers producteurs mondiaux, devant l'Arabie saoudite et la Russie. Moins le pays a besoin de pétrole étranger pour sa consommation globale, moins il sollicite ses fournisseurs traditionnels du Golfe.
Les États-Unis ont privilégié la sécurité de proximité.Le Canada est devenu le partenaire énergétique incontournable. Ses sables bitumineux fournissent un pétrole lourd que les raffineries américaines adorent.
Importer du pétrole par pipeline depuis l'Alberta (Canada) est moins coûteux et moins risqué politiquement que de faire traverser des supertankers depuis le détroit d'Ormuz.
Ce n'est pas seulement que les États-Unis achètent moins, c'est aussi que l'Arabie saoudite a trouvé de meilleurs clients ailleurs.
La demande en énergie a explosé en Asie. L'Arabie saoudite a stratégiquement pivoté pour devenir le premier fournisseur de la Chine.
Pour Riyad, il est plus logique de vendre à des pays dont la demande est en pleine croissance qu'à un marché américain saturé et de plus en plus tourné vers les énergies renouvelables et le gaz naturel.
Les véhicules américains sont devenus plus économes en carburant.
Bien que progressive, la montée en puissance des véhicules électriques et des énergies alternatives réduit mécaniquement la pression sur les importations de brut à long terme.
Pourquoi la part n'est-elle pas à 0 % ?
Malgré ces facteurs, les États-Unis importent toujours environ 500 000 barils par jour d'Arabie saoudite pour une raison technique : la configuration des raffineries. Beaucoup de raffineries sur la côte du Golfe du Mexique (comme celle de Port Arthur) ont été conçues pour traiter du pétrole "lourd et soufré" (typique du Moyen-Orient). Le pétrole de schiste américain est "léger et doux". Pour fonctionner à plein régime, ces usines ont besoin de mélanger les deux types de brut.
En résumé : L'Arabie saoudite est passée du statut de "fournisseur vital de survie" à celui de "fournisseur d'ajustement technique".