
Littérature
Section Géopolitique
Résumé :
Vers un nouveau Yalta (2019) de Caroline Galactéros est un recueil de chroniques géopolitiques (2014–2019) qui analyse la recomposition du monde post-occidental et appelle la France à retrouver une diplomatie souveraine et lucide. Elle explique la fin de l’ordre de Yalta en affirmant que l’équilibre issu de la Seconde Guerre mondiale est révolu. Un nouveau partage du monde se dessine, marqué par le déclin de l’Occident et l’émergence de puissances comme la Russie, la Chine ou l’Iran.
Elle exhorte les dirigeants français à sortir de l’alignement atlantiste et à défendre les intérêts nationaux avec pragmatisme et courage. Elle plaide pour une politique étrangère fondée sur le « réalisme éthique ». Le livre souligne le retour des États-nations comme acteurs majeurs, face à une Europe affaiblie et menacée de « double dévoration » par les États-Unis et par une bureaucratie bruxelloise déconnectée.
Plan :
1. Constat de la fin de l’ordre hérité de Yalta
- Yalta n’est plus : les équilibres issus de la Seconde Guerre mondiale se sont effondrés.
- Un nouveau partage du monde est en cours, marqué par la multipolarité et la compétition des puissances.
2. Les fractures du Moyen-Orient
- Mise à sac du Moyen-Orient par l’Occident : interventions militaires, chaos politique.
- Conséquences : montée du terrorisme, radicalisation, instabilité régionale.
3. Défis migratoires, sécuritaires et culturels
- Pressions migratoires sur l’Europe.
- Crises identitaires et tensions sociales.
- Fragilisation des États face aux flux humains et culturels.
4. Échec du multilatéralisme
- Éclatement des mécanismes multilatéraux (ONU, institutions internationales).
- Montée des stratégies unilatérales et des rapports de force.
- Utopies pacifistes mises en échec.
5. Terrorisme et islamisme radical
- Terrorisme multicéphale : Al-Qaïda, Daech et autres mouvances.
- Incohérences occidentales dans la lutte contre l’islamisme radical.
- Ambiguïtés des alliances et des interventions.
6. Le réveil des nations
- Affirmation de nouvelles puissances (Chine, Inde, Turquie, Russie).
- Résilience d’anciennes puissances qu’on croyait déclinantes.
- Retour des peuples et des souverainetés nationales.
7. La place de l’Europe et de la France
- Question centrale : acteur ou spectateur ?
- Nécessité d’une réforme de la politique étrangère française.
- Appel à une pensée stratégique plus pragmatique et éthique.
8. Conclusion
Caroline Galactéros plaide pour une prise de conscience des élites françaises et européennes face à la recomposition mondiale. Elle appelle à une révolution pragmatique et éthique de la pensée stratégique occidentale, afin que l’Europe ne reste pas marginalisée.
L'auteur :
Caroline Galactéros Née à Lyon en 1967, a été étudiante en classes préparatoires à l’ENS de Lyon en 1986. Puis elle suit une licence d’histoire, maîtrise et DEA de sciences politiques à Paris-I Panthéon-Sorbonne suivi d'un doctorat d’État en sciences politiques en 2001 sur : l'analyse critique de la gestion des crises balkaniques de l’après-guerre froide.
Puis auditrice de l’Institut des hautes études de défense nationale (IHEDN) en 2006-2007 et colonel de réserve dans l’armée française (2004–2022).
Elle a travaillé dans l’évaluation et la prospective stratégiques pour les services du Premier ministre (SGDSN). Enseignante à HEC et à l’École de Guerre, où elle a dirigé des séminaires sur la stratégie et l’éthique du conflit. Enfin elle est fondatrice et présidente du think tank Geopragma, pôle français de géopolitique réaliste et Directrice du cabinet de conseil PLANETING, spécialisé en intelligence stratégique et gestion de crise. En 2023 elle a fonde sa chaine youtube 'paix et guerre'.
Résumé:
Le livre Diplomaty de Henry Kissinger est une vaste fresque historique et stratégique qui retrace l’évolution des relations internationales, en mettant l’accent sur le XXᵉ siècle et la montée en puissance des États-Unis. Kissinger cherche à démontrer que la diplomatie repose sur la Realpolitik, c’est-à-dire une approche fondée sur l’équilibre des puissances, la raison d’État, et le pragmatisme stratégique, plutôt que sur des idéaux moraux ou universalistes. Il oppose deux visions : celle de Theodore Roosevelt, réaliste et stratégique, et celle de Woodrow Wilson, idéaliste et universaliste.
Le plan :
- Introduction
- Partie I : L’Europe classique (Metternich, Bismarck, équilibre des puissances).
- Partie II : Les guerres mondiales et la fin de l’ordre européen.
- Partie III : La Guerre froide (containment, détente, rôle des États-Unis).
- Partie IV : L’après-guerre froide et les défis d’un monde multipolaire.
- Conclusion : plaidoyer pour une diplomatie réaliste et pragmatique.
L'auteur :
Heinz Alfred Kissinger ne le 27 mai 1923 à Fürth (Bavière, Allemagne) dans une famille juive de la petite bourgeoisie.
En 1938, il fuit l’Allemagne nazie avec sa famille et émigre aux États-Unis. Naturalisé américain en 1943, il sert dans l’armée américaine pendant la Seconde Guerre mondiale, notamment dans le renseignement militaire en Allemagne. Il fait ses etudes à Harvard University dès 1946 et se spécialise en relations internationales et sciences politiques. Il obtient son doctorat en 1954 avec une thèse sur la diplomatie de Metternich. Puis il devient professeur à Harvard en 1962, reconnu comme expert en stratégie nucléaire et politique étrangère.
Conseiller à la sécurité nationale de 1969–1975 sous Richard Nixon puis Secrétaire d’État des États-Unis de 1973–1977 sous Nixon puis Gerald Ford. Il est architecte de la politique de détente avec l’URSS et de l’ouverture diplomatique avec la Chine (rencontre Nixon–Mao en 1972). Il Joue un rôle clé dans les négociations de paix au Vietnam, ce qui lui vaut le Prix Nobel de la paix en 1973. Il est impliqué dans de nombreuses crises internationales : Chili (coup d’État de Pinochet en 1973), Moyen-Orient (accords de désengagement israélo-arabes), relations avec l’Afrique et l’Amérique latine. Il est décédé le 29 novembre 2023 à Kent dans le Connecticut.
Résumé :
World order montre que jamais un ordre mondial véritablement universel n’a existé, chaque civilisation ayant imposé ses propres normes. Il plaide pour un nouvel équilibre multipolaire fondé sur la souveraineté, la légitimité et la coopération.
Plan :
- Chapitre 1 : L’Europe et l’équilibre westphalien.
- Chapitre 2 : Les États-Unis et l’exceptionnalisme.
- Chapitre 3 : La Chine et la tradition confucéenne.
- Chapitre 4 : Le monde islamique et ses tensions internes.
- Chapitre 5 : Les défis contemporains (terrorisme, technologie, mondialisation).
- Conclusion : nécessité d’un nouvel équilibre global fondé sur le respect des civilisations.
L'auteur :
Heinz Alfred Kissinger ne le 27 mai 1923 à Fürth (Bavière, Allemagne) dans une famille juive de la petite bourgeoisie. En 1938, il fuit l’Allemagne nazie avec sa famille et émigre aux États-Unis. Naturalisé américain en 1943, il sert dans l’armée américaine pendant la Seconde Guerre mondiale, notamment dans le renseignement militaire en Allemagne. Il fait ses etudes à Harvard University dès 1946 et se spécialise en relations internationales et sciences politiques. Il obtient son doctorat en 1954 avec une thèse sur la diplomatie de Metternich. Puis il devient professeur à Harvard en 1962, reconnu comme expert en stratégie nucléaire et politique étrangère.
Conseiller à la sécurité nationale de 1969–1975 sous Richard Nixon puis Secrétaire d’État des États-Unis de 1973–1977 sous Nixon puis Gerald Ford. Il est architecte de la politique de détente avec l’URSS et de l’ouverture diplomatique avec la Chine (rencontre Nixon–Mao en 1972). Il Joue un rôle clé dans les négociations de paix au Vietnam, ce qui lui vaut le Prix Nobel de la paix en 1973. Il est impliqué dans de nombreuses crises internationales : Chili (coup d’État de Pinochet en 1973), Moyen-Orient (accords de désengagement israélo-arabes), relations avec l’Afrique et l’Amérique latine. Il est décédé le 29 novembre 2023 à Kent dans le Connecticut.
Résumé :
The Grand Chessboard (1997) de Zbigniew Brzezinski est un essai géopolitique majeur qui expose la stratégie américaine pour maintenir sa suprématie mondiale après la chute de l’URSS, en contrôlant l’Eurasie, cœur stratégique de la planète. L’Eurasie (Europe + Asie) est le « grand échiquier » où se joue l’avenir du monde.Quiconque contrôle l’Eurasie contrôle le monde, selon les thèses de Mackinder et Spykman que Brzezinski reprend. Les États-Unis, seule hyperpuissance après 1991, doivent empêcher l’émergence d’un rival eurasien (Russie, Chine, Iran ou coalition).
Plan :
- Introduction : Pour la première fois dans l'histoire, une puissance non-eurasienne (les États-Unis) est devenue l'arbitre des relations de pouvoir en Eurasie.
- Chapitre 1 Une hégémonie d'un type nouveau : analyse de la nature de la puissance américaine. Expliquation que les États-Unis ne sont pas seulement une puissance militaire, mais qu'ils exercent une influence globale via leur économie, leur technologie et leur culture ("Soft Power"). Il compare cette hégémonie aux empires passés (Rome, la Chine, les Mongols).
- Chapitre 2 Le Grand Échiquier : C'est le cœur théorique du livre. Brzezinski définit l'Eurasie comme le territoire où se joue le destin du monde. Il identifie les acteurs clés.
- Chapitre 3 La tête de pont démocratique : Analyse sur l'Europe etant la "tête de pont" indispensable des États-Unis en Eurasie. Il plaide pour un élargissement de l'OTAN et de l'Union européenne, tout en soulignant le rôle central du couple franco-allemand.
- Chapitre 4 Le trou noir : Le "trou noir" désigne la Russie après la chute de l'URSS. Elle doit choisir entre devenir une démocratie européenne moderne ou tenter de reconstruire un empire (selon l'auteur, serait une erreur fatale). C'est ici qu'il affirme que sans l'Ukraine, la Russie cesse d'être un empire.
- Chapitre 5 Les Balkans mondiaux : Cette partie se concentre sur l'Asie centrale et le Caucase. Il compare cette zone aux Balkans de 1914 : région instable, riche en ressources où les intérêts de la Russie, Turquie, Iran et de la Chine s'entrechoquent. L'enjeu pour les États-Unis est d'y empêcher toute domination exclusive.
- Chapitre 6 L'ancrage à l'Extrême-Orient : Traite de l'Asie de l'Est, principalement de la Chine et du Japon. Brzezinski conseille d'intégrer la Chine dans le système international tout en maintenant l'alliance avec le Japon. Il voit la Chine comme la puissance montante inévitable qui défiera l'ordre établi.
- Chapitre 7 Conclusion : Brzezinski conclut sur la nécessité d'une stratégie trans-eurasienne globale. Son objectif à long terme est d'accompagner l'émergence de puissances régionales tout en s'assurant qu'aucune coalition hostile ne puisse évincer les États-Unis de l'Eurasie.
L'auteur :
Zbigniew Brzezinski (1928–2017) était un politologue et diplomate américain d'origine polonaise, considéré comme l'un des plus grands stratèges de la politique étrangère des États-Unis au XXe siècle. Souvent comparé à Henry Kissinger, il a marqué l'histoire par sa vision géopolitique centrée sur la domination de l'Eurasie. Né à Varsovie en 1928, il est le fils d'un diplomate polonais. Sa famille s'installe au Canada en 1938, échappant ainsi à la Seconde Guerre mondiale en Europe. Il étudie à l'université McGill à Montréal, puis obtient son doctorat à Harvard en 1953. Sa thèse porte déjà sur les fractures internes du système soviétique. Il enseigne à Harvard puis à l'université Columbia, où il dirige l'Institut sur les questions communistes. Brzezinski est surtout connu pour son rôle de Conseiller à la sécurité nationale sous le président Jimmy Carter (1977–1981). Il a été un acteur clé dans la signature du traité de paix entre Israël et l'Égypte en 1979. Il a activement œuvré pour l'établissement de relations diplomatiques complètes avec la Chine populaire.
Face à l'invasion soviétique de l'Afghanistan, il a prôné une ligne dure, soutenant les moudjahidines pour embourber l'URSS dans ce qu'il appelait son propre "Vietnam". Cette période a été marquée par l'échec de l'opération de sauvetage "Eagle Claw", un moment difficile de son mandat. Il a cofondé Commission Trilatérale en 1973 avec David Rockefeller pour renforcer la coopération entre l'Amérique du Nord, l'Europe et le Japon. Pour lui, les États-Unis étaient la première et seule puissance véritablement mondiale.Même après avoir quitté ses fonctions officielles, il est resté une voix influente à Washington, critiquant notamment l'invasion de l'Irak en 2003 et conseillant plus tard Barack Obama sur certains dossiers de politique étrangère. Il est décédé en 2017 en Virginie.
Résumé:
Le Traité de stratégie d’Hervé Coutau-Bégarie est une œuvre encyclopédique qui réhabilite la stratégie comme discipline intellectuelle et pratique, en l’étendant bien au-delà du champ militaire. Il propose une définition rigoureuse de la stratégie comme une dialectique des intelligences dans un milieu conflictuel. Fournir une synthèse complète de la pensée stratégique, en combinant histoire, théorie, et prospective. Il défend l’enseignement de la stratégie comme science autonome, distincte du droit, de l’économie ou de la diplomatie. Il réconcilie stratégie pure (abstraite, universelle) et stratégie appliquée (contextuelle, opérationnelle).
Plan :
1. Introduction générale
- La stratégie est comparée à Janus : une face tournée vers l’action (le stratège), l’autre vers la théorie (le stratégiste).
- Elle est définie comme une science de la conflictualité, fondée sur la force et orientée vers des fins politiques.
2. Livre I – Stratégie générale
- Étudie la guerre comme matrice de l’histoire et compétence légitime de l’État.
- Analyse les mutations contemporaines : dissuasion, sécurité sans défense, stratégie sans guerre.
- Reprend les fondements classiques : Clausewitz, Sun Zi, Guibert, Beaufre.
3. Livre II – Stratégies sectorielles
- Décline la stratégie dans différents domaines :
- Stratégie navale
- Stratégie aérienne
- Stratégie nucléaire
- Stratégie spatiale
- Stratégie économique et informationnelle
- Montre que la logique stratégique s’applique à tout domaine conflictuel, mais avec prudence pour éviter la dilution du concept.
4. Livre III – Stratégie contemporaine
- Étudie les conflits post-Guerre froide, les guerres asymétriques, la montée des acteurs non étatiques.
- Analyse les doctrines stratégiques des grandes puissances (États-Unis, Russie, Chine, France).
- Interroge la pertinence de la stratégie classique face aux nouvelles formes de guerre.
L'auteur :
Né le 22 novembre 1956 à Angers Hervé Coutau-Bégarie est le fils de Paul Coutau-Bégarie, courtier et poète. Il etudes à l’Institut d’études politiques de Bordeaux. Il obtient une maîtrise en droit public, DEA, d’analyse politique et d’histoire moderne et contemporaine. Ancien élève de l’École nationale d’administration (ENA), promotion Henri-François d’Aguesseau (1982). Il est docteur d’État en science politique et enseignant et chercheur en stratégie militaire. Il a été le directeur de recherches en stratégie au Collège interarmées de défense (CID). Puis professeur au Cours Supérieur d’État-major (CSEM) et directeur d’études à l’École pratique des hautes études, professeur à l’ICES (Institut catholique d’études supérieures) et fondateur de l’Institut de Stratégie Comparée (ISC).
Il etait le Co-directeur avec Lucien Poirier de la collection Bibliothèque stratégique chez Economica. Il était laureat de l'academie Francaise, capitaine de fregate de reserve et chevalier de la legion d'honneur. Il est décédé le 24 février 2012.
Résumé:
The Influence of Sea Power upon History, 1660–1783 (1890) est un ouvrage fondateur de la pensée stratégique navale. Il démontre que la puissance maritime est le facteur décisif dans l’essor et le déclin des grandes nations. Mahan analyse la période 1660–1783, marquée par la rivalité entre la France, l’Angleterre et les Provinces-Unies.
Plan :
1. Facteurs de la puissance maritime
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- Position géographique (accès aux mers, ports).
- Caractère national (esprit commercial, discipline navale).
- Institutions politiques favorisant le commerce et la marine.
- Nombre et qualité des navires marchands et militaires.
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2. Études historiques
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- L’Angleterre, grâce à sa flotte et son commerce, devient la première puissance mondiale.
- La France, malgré ses ressources, échoue à maintenir une stratégie navale cohérente.
- Les Provinces-Unies déclinent faute de population et de ressources suffisantes.
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3. Leçons stratégiques
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- Une flotte de guerre doit protéger le commerce maritime.
- Les bases navales et colonies sont essentielles pour soutenir la flotte.
- La puissance terrestre seule ne suffit pas : sans maîtrise des mers, un empire est vulnérable.
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Mahan démontre que la puissance maritime est le pivot de la puissance mondiale. Son livre a façonné la stratégie navale moderne et influencé durablement la géopolitique.
L'auteur :
Alfred Thayer Mahan (1840–1914) était un officier de la marine américaine, historien et l'un des plus influents stratèges navals de l'histoire. Surnommé le « Clausewitz américain », sa pensée a jeté les bases de la puissance maritime des États-Unis au XXe siècle. Né à West Point, il est le fils d'un professeur d'ingénierie militaire réputé. Diplômé de l'Académie navale d'Annapolis en 1859, il sert dans la marine de l'Union pendant la guerre de Sécession. En 1884, il rejoint le corps enseignant du Naval War College à Newport, dont il devient plus tard le président. C'est dans ce cadre académique qu'il développe ses théories majeures. Il prône la concentration des forces navales en une flotte de cuirassés puissante capable de détruire la flotte ennemie lors d'un affrontement majeur (le concept de Kantai Kessen repris plus tard par le Japon).
Ses idées ont profondément influencé le président Theodore Roosevelt, poussant à la création d'une marine moderne (la "Great White Fleet") et à la construction du canal de Panama. Son livre a été le "livre de chevet" du Kaiser Guillaume II en Allemagne, alimentant la course aux armements navals avant la Première Guerre mondiale. Il a également marqué la doctrine navale japonaise et britannique. On lui attribue la popularisation du terme "Moyen-Orient" dans un article de 1902. Mahan est passé d'une position initialement isolationniste à une vision impérialiste, convaincu que les États-Unis devaient acquérir des bases lointaines (comme à Hawaï) pour sécuriser leurs marchés internationaux.
Résumé: Vom Kriege (1832) est l’ouvrage de référence de la pensée stratégique moderne. Il analyse la nature de la guerre, ses logiques internes et son rapport à la politique. La guerre est définie comme :« Un acte de violence destiné à contraindre l’adversaire à exécuter notre volonté. » Elle est toujours subordonnée à la politique : « La guerre n’est que la continuation de la politique par d’autres moyens. »
Plan :
1. La nature de la guerre
- La guerre est une dualité : instrument rationnel de la politique, mais aussi phénomène chaotique soumis aux passions et aux hasards.
- Clausewitz parle de la « trinité remarquable » :
- Violence et passion (le peuple)
- Hasard et probabilité (l’armée et les chefs)
- Raison et finalité politique (le gouvernement)
2. La dialectique de l’action
- La guerre est une confrontation de volontés, une dialectique des intelligences.
- Elle tend vers l’« escalade absolue » (guerre totale), mais reste limitée par des contraintes politiques, sociales et matérielles.
3. Le brouillard et la friction
- Brouillard de la guerre : incertitude permanente, information imparfaite.
- Friction : obstacles imprévus qui perturbent l’action militaire (fatigue, erreurs, météo, moral).
4. Stratégie et tactique
- Tactique : l’art de conduire les combats.
- Stratégie : l’art d’utiliser les combats pour atteindre l’objectif politique.
- La stratégie doit toujours rester au service de la politique
L'auteur :
Carl von Clausewitz (1780–1831) était un général et théoricien militaire prussien. Son œuvre majeure, il entre dans l'armée prussienne à l'âge de 12 ans et participe aux campagnes du Rhin en 1793. En 1806, il est capturé par les Français lors de la bataille d'Iéna-Auerstaedt. Cette défaite humiliante de la Prusse marque profondément sa pensée : il veut comprendre pourquoi le génie de Napoléon a balayé les armées traditionnelles. En 1812, refusant de servir Napoléon lors de l'invasion de la Russie il démissionne et rejoint l'armée russe pour continuer le combat. Il réintègre l'armée prussienne en 1815 et participe à la campagne de Waterloo. De 1818 à 1830, il dirige l'Académie de guerre de Berlin, période durant laquelle il rédige l'essentiel de ses théories. Il meurt du choléra en 1831.
Résumé : L’Art de la guerre de Sun Tzu est un traité chinois du VIᵉ siècle av. J.-C. Il enseigne que la meilleure victoire est celle obtenue sans combat par voie indirect , grâce à la stratégie, la connaissance de soi et de l’ennemi, et l’adaptation aux circonstances. La guerre est une affaire grave : elle ne doit être engagée que si la survie de l’État l’exige. Il met en avant la necessite de "se connaître soi-même et connaître l’ennemi" est la clé de la victoire. Il parle de l'importance de la planification , afin d'évaluer les conditions (terrain, saisons, moral, discipline, commandement). Selon lui l'idéal est de vaincre par la ruse, la diplomatie ou la dissuasion. Il explique qu'il faut changer de tactique selon les circonstances, et exploiter les faiblesses adverses. Selon lui un bon chef inspire confiance, discipline et unité. Enfin il met en avant l’information comme etant une arme décisive pour anticiper et déjouer l’ennemi.
Plan :
Chapitre 1 – Évaluation : Cinq facteurs à considérer (doctrine, temps, terrain, commandement, discipline).
Chapitre 2 – Conduite de la guerre : Importance des ressources et du coût des campagnes.
Chapitre 3 – Attaque par la stratégie : Vaincre sans combattre est la suprême habileté.
Chapitre 4 – Dispositions tactiques : Organisation et positionnement des troupes.
Chapitre 5 – L’énergie : Utiliser l’élan et la dynamique des forces.
Chapitre 6 – Points faibles et forts : Exploiter les vulnérabilités de l’ennemi.
Chapitre 7 – Manœuvres : Souplesse et mobilité sur le terrain.
Chapitre 8 – Variation des tactiques : Adapter les plans aux circonstances changeantes.
Chapitre 9 – L’armée en marche : Logistique et discipline en déplacement.
Chapitre 10 – Terrain : Avantages et dangers des différents types de terrain.
Chapitre 11 – Les neuf situations : Stratégies selon les contextes de bataille.
Chapitre 12 – Attaque par le feu : Usage des éléments et de l’environnement.
Chapitre 13 – Usage des espions : Le renseignement comme clé de la victoire.
L'auteur :
Sun Tzu est un général et stratège chinois légendaire qui aurait vécu entre le VIe et le Ve siècle av. J.-C. Il est l'auteur deL'Art de la guerre, le plus ancien traité de stratégie militaire au monde. Il est le maître de l'approche indirecte que repprendra plus tard Liddle Hart.Son nom de naissance était Sun Wu, "Sun Tzu" est un titre honorifique signifiant « Maître Sun ». Une légende célèbre raconte que pour prouver ses talents au roi de Wu, Sun Tzu aurait transformé les 180 concubines du palais en une unité militaire disciplinée. Face à leur refus initial d'obéir, il fit décapiter les deux favorites du roi [les deux chefs du dispositif] pour montrer que l'échec des troupes est la faute du commandement. La discipline fut instantanée. Il aurait permis au royaume de Wu de vaincre le puissant royaume de Chu grâce à ses tactiques innovantes, privilégiant la mobilité à la supériorité numérique.
L'essence de sa stratégie peut se résumer en quelques principes révolutionnaires :
- L'excellence suprême : « L'art de la guerre, c'est de soumettre l'ennemi sans combat. »
- L'art de la tromperie : « Tout l'art de la guerre repose sur la duperie. » Il faut feindre la faiblesse quand on est fort, et la force quand on est faible, pour pousser l'ennemi à l'erreur.
- La connaissance de soi et de l'autre : « Si vous connaissez votre ennemi et que vous vous connaissez vous-même, vous n'avez pas à craindre l'issue de cent batailles. »
- L'adaptation : La stratégie doit être fluide comme l'eau, qui épouse la forme du terrain. Il n'y a pas de plan rigide, seulement une réponse aux mouvements de l'adversaire.
Aujourd'hui, Sun Tzu est étudié bien au-delà des académies militaires. Ses préceptes sont appliqués en entreprise en stratégie de marché et gestion de la concurrence. En sport pour la préparation mentale et tactique. En cybersécurité afin de comprendre les logiques d'infiltration et de ruse numérique.
Résumé : Les Théories stratégiques (1929‑1935), est un monumental traité en cinq volumes qui dépasse la stratégie navale pour proposer une véritable synthèse de la pensée stratégique générale et géopolitique. Il combine l’héritage de Mahan (méthode historique) et de la Jeune École (méthode matérielle), tout en intégrant les bouleversements techniques (sous‑marin, aviation) et politiques (guerre totale).La guerre ne se limite pas aux opérations militaires, elle inclut les dimensions économiques, sociales et politiques. Castex insiste sur la coopération entre les différentes armes (terre, mer, air) et la necessite d'adaptation aux techniques modernes : Le sous‑marin et l’avion, qui bouleversent la guerre navale, mais doivent être intégrés dans une vision globale. Pour se faire il dépasse l’opposition entre histoire et matériel, montrant que les innovations doivent être replacées dans la continuité des principes stratégiques. Castex développe une pensée française face aux puissances anglo‑saxonnes. La mobilité et la souplesse sont centrales, anticipant la doctrine moderne de la guerre de manœuvre. Il souligne l’importance des arrières (logistique, économie) et du renseignement pour soutenir l’effort de guerre.
Plan :
-
Volume I – Introduction et principes généraux (1929)
- Définition de la stratégie et distinction entre tactique et stratégie.
- Méthodes : historique (Mahan) et matérielle (Jeune École).
- Principes permanents de la guerre navale.
- Importance de la géographie et des ressources.
Volume II – La manœuvre stratégique (1930)
- Étude des grandes manœuvres navales dans l’histoire.
- Notion de concentration des forces et mobilité.
- Guerre de position vs guerre de mouvement.
- Influence des nouvelles armes (sous‑marin, aviation).
Volume III – La guerre totale et ses implications (1931)
- Passage de la guerre limitée à la guerre totale.
- Rôle des arrières : économie, logistique, moral.
- Interaction entre guerre terrestre et guerre maritime.
- Stratégie globale et interarmées.
Volume IV – Stratégie générale et géopolitique (1932)
- Lien entre stratégie et politique internationale.
- Colonies, ressources et routes maritimes.
- Étude des équilibres mondiaux et rivalités impériales.
- La France dans le système international.
Volume V – Synthèse et perspectives (1935)
- Récapitulation des principes stratégiques.
- Adaptation aux évolutions techniques.
- Vision prospective de la guerre future.
- Place de la stratégie navale dans la stratégie générale.
L'auteur :
Raoul Castex est un amiral Français né en 1878 fils d’un officier de l’armée de terre. En 1896 il est admis à l’école navale. En 1907 il devint aide de camp au ministère de la marine. Il fut impliqué dans sa rénovation à la suite du débat doctrinal qui avait opposé veille et jeune école. En 1909 il publie les idées militaires de la marine au XVIII ou il y aborde la stratégie de manière historique, se ralliant ainsi à l’idée Mahanienne. Durant la première guerre mondiale il commande un patrouilleur, après celle-ci il prit la tête du service historique de la marine et professeur à l’école de guerre navale. En 1920 il publie un ouvrage intitulé : guerre sous-marine. En 1923 il prend le commandement du cuirassé Jean Bart puis en 1928 devint contre-amiral. C’est à ce moment-là qu’il amorce l’écriture de ses théories sur lesquelles nous reviendrons. En 1936 il devint vice-amiral et premier directeur du collège des hautes études de la défense nationale. Il fut promu amiral en 1937 et devint inspecteur général des forces maritimes. A la suite d’un désaccord entre lui et l’amiral Darlan sur le fait de centraliser le commandement de la marine, il fut affecté comme commandant de la zone manche et mer du nord. Lucide, voyant la possibilité d’une attaque terrestre il demanda des renforts des 1938. Ils furent refusés par le haut commandement qui le jugeait défaitiste. Il prit sa retraite en 1939. Il désapprouva l’armistice qui selon lui parait ignorer l’arrière constitue par l’empire. Puis il continua d’enseigner ou il donna des conférences à l’école de guerre et à l’institut des hautes études de la défense. Il rendit son dernier souffle en 1968 et fut enterrer avec les honneurs, il est considéré comme l’un des plus grands théoriciens du XXiem siècle.
Résumé : The Rise and Fall of the Great Powers (1987) de Paul Kennedy montre que la puissance des États dépend de l’équilibre entre leurs capacités économiques et militaires. Les nations qui surinvestissent dans la guerre au détriment de leur économie finissent par s’affaiblir et décliner. Puissance = économie + stratégie militaire. Les États qui consacrent trop de ressources à la guerre (sur‑extension impériale) s’épuisent.
Le livre couvre cinq siècles d’histoire mondiale (1500‑1980) et s’articule en trois grandes parties :
Le Plan :
- Stratégie et économie dans le monde pré‑industriel
- Étude des empires espagnol, ottoman, chinois Ming, et du monde musulman.
- Les Habsbourg (1519‑1659) : tentatives hégémoniques et limites financières.
- Le “miracle européen” : montée en puissance grâce aux finances et à l’innovation militaire.
- Économie et stratégie à l’ère industrielle (1760‑1914)
- Révolution industrielle et renversement des équilibres mondiaux.
- Ascension de l’Angleterre comme puissance dominante.
- Déclin relatif des puissances non européennes.
- Montée des États‑Unis, de l’Allemagne et du Japon.
- La mise en place d’un monde bipolaire (1914‑1980)
- Première Guerre mondiale : guerre totale et crise des puissances moyennes.
- Seconde Guerre mondiale : affirmation des États‑Unis et de l’URSS.
- Guerre froide : équilibre bipolaire, course aux armements, pressions économiques.
- Analyse des perspectives pour l’Europe, le Japon, la Chine et les États‑Unis.
L'auteur :
Paul Kennedy né en 1945 est un historien britannique, professeur à l'université Yale, mondialement connu pour ses travaux sur la géopolitique, les relations internationales et la puissance naval. Il est l'une des figures majeures de l'école de pensée "réaliste" en histoire, mettant l'accent sur les bases matérielles (économiques et militaires) de la puissance. Né à Wallsend, en Angleterre, il étudie à l'université de Newcastle puis obtient son doctorat à Oxford sous la direction du célèbre historien A.J.P. Taylor.
En 1983, il rejoint Yale en tant que professeur d'histoire. Il y dirige également les programmes d'études sur la sécurité internationale. Il est Commandeur de l'Ordre de l'Empire britannique (CBE) et membre de la British Academy.
Résumé :The Great Deception: The Secret History of the European Union ( 2016) est un essai qui retrace la construction européenne vue du point de vue britannique, en insistant sur ses zones d’ombre et ses mécanismes cachés. Les auteurs défendent l’idée que l’Union européenne est née d’un projet politique dissimulé, conçu par Jean Monnet et soutenu par les élites, qui aurait progressivement transféré le pouvoir des parlements nationaux vers une administration supranationale.
Plan :
Introduction
- Présentation de la thèse : l’Union européenne serait née d’un projet politique dissimulé.
- Méthode : enquête historique et documentaire, du point de vue britannique.
Première partie – Les origines du projet européen (années 1920‑1950)
- Les premières idées d’union européenne dans l’entre‑deux‑guerres.
- Jean Monnet et ses réseaux : rôle dans la Première Guerre mondiale et dans la CECA.
- L’occupation de la Rhénanie et les prémices de la coopération économique.
- Influence des États‑Unis et affaiblissement du Commonwealth.
Deuxième partie – La mise en place des institutions (1950‑1970)
- La CECA et le Traité de Rome.
- Les négociations secrètes autour de l’intégration.
- La renucléarisation discrète de l’Allemagne.
- Les premiers élargissements et le rôle de De Gaulle (veto au Royaume‑Uni).
Troisième partie – L’approfondissement de l’intégration (1970‑1990)
- Les conférences intergouvernementales et leurs pressions.
- Fonctionnement des lobbies bruxellois.
- Le rôle de Kohl, Delors et Mitterrand.
- Passage de la CEE à l’Union européenne (Traité de Maastricht).
Quatrième partie – Vers une gouvernance supranationale (1990‑2005)
- La “révolution de gouvernement” : l’administration européenne supplante les parlements nationaux.
- La Convention Giscard et le projet de Constitution européenne.
- Le référendum français de 2005 et le rejet du traité.
Cinquième partie – L’échec de la méthode communautaire (2005‑2016)
- Les crises de légitimité et de souveraineté.
- Le rôle de Chirac et l’incompréhension du “non” français.
- Le Brexit comme conséquence logique du projet dissimulé.
- Conclusion : l’Union européenne comme “coup d’État au ralenti”.
Les auteurs :
Christopher Booker et Richard North sont deux auteurs et journalistes britanniques connus pour leur collaboration étroite sur des ouvrages critiques envers l'Union eur opéenne et les consensus scientifiques sur l'environnement.
Christopher Booker est Journaliste et auteur prolifique, il est une figure majeure de la presse conservatrice et satirique britannique.Il est l'un des cofondateurs du célèbre magazine satirique Private Eye en 1961, dont il fut le premier éditeur.Il a tenu une chronique hebdomadaire influente dans le Sunday Telegraph pendant près de 30 ans. Il est un opposant farouche à l'UE et a souvent contesté le consensus sur le réchauffement climatique anthropique.
Richard North est Analyste politique et spécialiste des questions de défense, il est souvent le chercheur de l'ombre derrière les ouvrages coécrits avec Booker. Il a travaillé comme directeur de recherche pour le groupe eurosceptique au Parlement européen. Il anime les blogs EU Referendum et Defence of the Realm, où il critique la bureaucratie bruxelloise et la gestion de l'armée britannique. Contrairement à Booker qui était un généraliste de la plume, North apporte une expertise technique sur les régulations européennes et les questions de sécurité.
Résumé : Vaincre en mer au XXIᵉ siècle (2023) est un traité moderne de tactique navale qui analyse les invariants de la guerre sur mer et les bouleversements liés aux nouvelles technologies. Les auteurs identifient un cinquième âge de la conflictualité navale, celui de la robotique et du numérique, après ceux de la voile, du canon, de l’avion et du missile.
Plan :
Première partie – Les invariants de la guerre sur mer
- Principes intemporels : concentration des forces, mobilité, surprise, renseignement, logistique.
- Études de batailles historiques pour illustrer ces invariants.
- Importance de la mer comme espace stratégique et vital.
Deuxième partie – Les âges de la conflictualité navale
- Âge de la voile : manœuvre et maîtrise du vent.
- Âge du canon : puissance de feu et artillerie navale.
- Âge de l’avion : projection aérienne et porte‑avions.
- Âge du missile : frappe à distance et dissuasion.
- Cinquième âge : robotique et numérique (drones, systèmes autonomes, cyber).
Troisième partie – Les inflexions contemporaines
- Impact des nouvelles technologies : satellites, cyber‑attaques, automatisation.
- Guerre interarmées : intégration terre‑mer‑air‑espace.
- Transformation des flottes modernes : frégates, sous‑marins, porte‑avions, drones navals.
- Études de cas récents (Ukraine, tensions indo‑pacifiques).
Quatrième partie – Vers une tactique navale générale
- Synthèse des invariants et des inflexions.
- Adaptation des doctrines navales aux réalités du XXIᵉ siècle.
- Place de la France et de l’Europe dans la conflictualité maritime mondiale.
- Prospective : comment “vaincre en mer” dans l’âge de la robotique.
Conclusion
- La mer reste un espace stratégique décisif.
- La victoire dépend de l’adaptation aux nouvelles technologies sans oublier les principes classiques.
- Nécessité d’un investissement intellectuel et doctrinal pour préparer les marines de demain.
Les auteurs :
François-Olivier Corman et Thibault Lavernhe sont deux officiers de marine et auteurs français, reconnus pour leurs travaux sur la stratégie navale contemporaine et l'évolution de la tactique au XXIe siècle.
François-Olivier Corman
Le capitaine de vaisseau François-Olivier Corman est un expert en innovation et en histoire maritime.
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Carrière militaire : Entré à l'École navale en 2004, il a servi principalement dans les forces de surface. Il a commandé un bâtiment-école (type Léopard) ainsi qu'un aviso.
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Fonctions à haute responsabilité : Depuis juin 2022, il sert en tant qu'aide de camp du Président de la République, Emmanuel Macron.
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Auteur et chercheur : Il est chercheur associé à l'Institut FMES (Fondation Méditerranéenne d'Études Stratégiques) et prépare un doctorat en histoire.
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Publications notables :
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Innovation et stratégie navale (2021) : récompensé par le prix d'histoire militaire et la médaille de l'Académie de Marine.
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Les bâtiments-écoles type Léopard, la Ménagerie (avec Jean Moulin).
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Thibault Lavernhe
Le capitaine de vaisseau Thibault Lavernhe est un spécialiste de la guerre de surface et des opérations aéronavales.
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Carrière militaire : Entré à l'École navale en 2001, il a une solide expérience opérationnelle, notamment à bord du porte-avions Charles de Gaulle et des frégates de défense aérienne Forbin et Chevalier Paul.
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Commandements : Il a commandé le patrouilleur La Tapageuse en Polynésie française et la frégate Surcouf. Il a été commandant en second du porte-avions Charles de Gaulle.
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Engagement intellectuel : Il est membre du comité de rédaction de la revue Défense Nationale et intervient régulièrement dans des revues spécialisées comme Inflexions.
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Publication notable :
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Le Groupe aéronaval depuis la fin de la guerre froide (1990-2016).
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Résumé : Dans La guerre des États‑Unis contre l’Europe (2023), Youssef Hindi décrit une guerre permanente, vitale et économique menée par les États‑Unis contre l’Europe. Selon lui, ce conflit n’est pas seulement matériel mais s’enracine dans une généalogie historique et théologique, allant de l’hégémonie maritime d’Athènes jusqu’à la “Destinée manifeste” américaine.
Plan :
Première partie – Les racines historiques de la guerre
- Athènes et l’hégémonie maritime : analogie entre la domination antique par la mer et l’hégémonie américaine.
- Rome et l’Empire : continuité des logiques impériales.
- De l’Angleterre aux États‑Unis : passage du thalassocratisme britannique à l’hégémonie américaine.
Deuxième partie – La théologie politique américaine
- Messianisme et “Destinée manifeste” : l’idée que les États‑Unis sont élus pour dominer le monde.
- Puritanisme et mission divine : influence religieuse sur la politique étrangère.
- Le rôle de l’Ancien Testament dans la culture politique américaine.
Troisième partie – La guerre économique contre l’Europe
- Affaiblissement du Commonwealth et de l’économie européenne.
- Contrôle des flux financiers et énergétiques.
- Sanctions, dollar et dépendance technologique.
- Exemples contemporains : guerre en Ukraine et découplage énergétique.
Quatrième partie – La guerre contre l’État de droit
- Érosion des souverainetés nationales.
- Imposition d’un ordre supranational dominé par Washington.
- Affaiblissement des institutions démocratiques européennes.
Cinquième partie – Une guerre transversale
- Pas une lutte des classes : guerre contre toutes les classes sociales.
- Guerre contre la société elle‑même : destruction des structures traditionnelles.
- Conséquences pour l’avenir de l’Europe : perte d’autonomie et dépendance stratégique.
Conclusion
- Synthèse : l’Europe est engagée dans une guerre invisible, vitale et économique.
- Nécessité de comprendre la dimension théologique et historique pour résister.
- L’avenir de l’État de droit européen dépend de la capacité à s’affranchir de l’hégémonie américaine.
L'auteur :
Youssef Hindi né le 11 février 1985 au Maroc est un essayiste et conférencier français indépendant. Il est principalement connu pour ses analyses sur la géopolitique des religions, l'eschatologie (l'étude de la fin des temps) et les origines du sionisme. Né au Maroc, il s'installe en France au début des années 1990. Il se définit lui-même comme un chercheur indépendant et autodidacte.Il a arrêté ses études supérieures peu après l'obtention de son baccalauréat pour se consacrer à ses recherches personnelles en dehors du cadre universitaire. En plus de ses livres, il a cofondé en 2020 le think tank et site d'analyse Strategika avec Pierre-Antoine Plaquevent. Ses travaux portent sur la déconstruction des idéologies modernes et leur lien avec des racines théologiques ou mystiques. Il étudie l'influence des courants messianiques juifs sur l'émergence du sionisme politique. Il soutient que cette doctrine est un projet construit visant à opposer l'Occident à l'Islam. Il l'analyse non pas comme une absence de religion, mais comme une "religion républicaine" ayant sa propre mystique.
Résumé : La fin de l’ordre occidental ? (2024) de Jacques Sapir analyse la crise du système financier et économique international hérité de l’après‑guerre. Il montre que l’Occident (États‑Unis, Europe, Japon) perd son hégémonie face au “Grand Sud” et aux BRICS, et que l’ordre mondial fondé sur le dollar et les institutions de Bretton Woods est en train de se déliter.
Plan :
Première partie – Les institutions de l’ordre occidental
- Création du FMI, de la Banque mondiale et du GATT/OMC après 1945.
- Rôle du dollar comme pivot du système.
- Fonctionnement et limites de ces institutions.
Deuxième partie – Les crises de l’ordre occidental
- Crise des années 1970 (fin de Bretton Woods, choc pétrolier).
- Crise financière de 2008 et incapacité des institutions à réguler.
- Montée des inégalités et perte de légitimité.
Troisième partie – L’émergence du “Grand Sud”
- Formation des BRICS (2006) et élargissements récents.
- Poids économique croissant : 32 % du PIB mondial en parité de pouvoir d’achat en 2023.
- Initiatives alternatives : Banque des BRICS, projets de monnaie commune, nouvelles routes de la soie.
Quatrième partie – Le déclin relatif de l’Occident
- Refus américain de réformer les institutions internationales.
- Dépendance énergétique et industrielle de l’Europe.
- Isolement progressif du bloc occidental face au Sud global.
Cinquième partie – Vers un monde multipolaire
- Risque de fracture durable entre deux blocs (Occident vs Grand Sud).
- Scénarios possibles : coopération, confrontation, ou sécession mondiale.
- Nécessité pour l’Europe de repenser sa place et ses alliances.
Concluson
- L’ordre occidental fondé sur le dollar et les institutions de Bretton Woods est en train de s’effondrer.
- Le monde entre dans une phase multipolaire où l’Occident doit accepter de partager le pouvoir.
- Sapir appelle à une réflexion stratégique pour éviter une rupture brutale.
L'auteur :
Jacques Sapir né en 1954 est un économiste et intellectuel français, spécialiste reconnu de l'économie russe et des questions stratégiques. Il est l'une des figures majeures de la pensée économique « hétérodoxe » en France. Diplômé de l'Institut d'études politiques de Paris en 1976, il soutient une thèse de doctorat à l'EHESS sous la direction de Charles Bettelheim en 1980, puis une thèse d'État à l'université Paris-Nanterre sous la direction de Michel Aglietta en 1986 portant sur l'économie soviétique. Il a été enseignant à l'université Paris-Nanterre avant de devenir directeur d'études à l'EHESS en 1996. Il y dirige le Centre d'études des modes d'industrialisation (CEMI-EHESS). Expert de la Russie, il est membre étranger de l'Académie des sciences de Russie (élu en 2016) et professeur associé à l'université d'État de Moscou (MSU). Il prône un retour au protectionnisme et à la souveraineté économique des États pour réguler les flux mondiaux. Il a longtemps plaidé pour une dissolution de la zone euro ou une sortie de la France de la monnaie unique, qu'il juge inadaptée et nuisible à l'economie Francaise . Il analyse l'adaptation de l'économie russe face aux sanctions occidentales, affirmant qu'elle a su faire preuve de résilience à travers des politiques de soutien à l'industrie et de substitution aux importations. Initialement ancré à gauche, ses thèses sur la nation et la souveraineté ont trouvé un écho croissant dans les milieux souverainistes de tous horizons.
Résumé : L’ami américain (2017) retrace la “guerre secrète” entre les États‑Unis et la France gaullienne, de 1940 aux années 1970. L’ouvrage montre comment Washington a constamment cherché à affaiblir l’indépendance française, préférant Pétain, Darlan ou Giraud à De Gaulle, et comment ce dernier a résisté à l’AMGOT (administration militaire américaine prévue pour la France libérée).
Plan :
Première partie – Roosevelt contre De Gaulle (1940‑1944)
- Refus américain de reconnaître De Gaulle comme chef de la France libre.
- Préférence pour Pétain, Darlan ou Giraud.
- Projet AMGOT : administration militaire américaine prévue pour la France libérée.
- La bataille diplomatique de De Gaulle pour imposer la légitimité française.
Deuxième partie – La France face à l’AMGOT (1944‑1945)
- Les plans américains pour contrôler la France après la Libération.
- Le rôle du CNR et du gouvernement provisoire.
- Victoire politique de De Gaulle : maintien de la souveraineté française.
Troisième partie – La guerre froide et l’OTAN (1945‑1958)
- Mise en place de l’OTAN sous direction américaine.
- Pressions sur la France pour s’aligner sur Washington.
- Les tensions autour de l’arme nucléaire et de la politique coloniale.
- La IVᵉ République et ses compromis avec les États‑Unis.
Quatrième partie – De Gaulle au pouvoir (1958‑1969)
- Retour du Général et affirmation de l’indépendance nationale.
- Politique nucléaire française et refus de la dépendance américaine.
- Sortie du commandement intégré de l’OTAN (1966).
- Relations avec l’URSS et la Chine : diplomatie multipolaire gaullienne.
- Conflits avec Washington sur le Vietnam et le dollar.
Cinquième partie – Nixon et la détente (1969‑1970)
- Richard Nixon, seul président américain à comprendre la logique gaullienne.
- Début d’une relation plus équilibrée entre Paris et Washington.
- La fin de la “guerre secrète” avec la mort de De Gaulle en 1970.
Conclusion
- L’“ami américain” fut souvent un adversaire caché.
- De Gaulle incarne la résistance à la vassalisation.
- Le combat pour la souveraineté reste d’actualité dans les débats européens.
L'auteur :
Éric Branca né en mars 1958 est un journaliste et historien français, reconnu comme l'un des meilleurs spécialistes du gaullisme, de l'histoire de la droite et des services secrets. Il a effectué une grande partie de sa carrière au sein du groupe Valmonde. Entré à Valeurs actuelles en 1982, il y a gravi les échelons jusqu'à devenir directeur de la rédaction, poste qu'il a occupé jusqu'en 2015. Il a également dirigé la rédaction de la revue Le Spectacle du monde. Il a également travaillé pour France Culture (1979–1981). Au début des années 1980, il a été le collaborateur de Michel Debré (ancien Premier ministre et figure historique du gaullisme).
Depuis 2015, Éric Branca se consacre essentiellement à l'écriture d'essais historiques et d'enquêtes basés sur des archives, souvent axés sur les coulisses de la puissance.
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Olivier Ferrand