La stratégie Américaine

National Security Strategy of the united State of America 2025 

Le virage vers la multipolarite 

En novembre 2025, les États-Unis ont publié “le national sécurité stratégie 2025” une actualisation de leur stratégie nationale qui a lieu a chaque mandat. Celle de 2025 rêves d’une importance capitale, elle prend définitivement en compte la multipolarité du monde, ce qui implique des changements majeurs.

On commence avec la réaffirmation de la doctrine Monroes. [voir l’article sur le Venezuela] À savoir que Les États-Unis considèrent l’hémisphère nord comme leurs zones d’influence incontestée dans laquelle ils ont tous les droits. C'est dans ce cadre que les etats unis veulent recuperer le groenland. Pour rappel, cela peut choquer ‘moralement’, mais cette doctrine Monroes est juste la matérialisation d’un principe qui existe depuis 2 000 ans en géopolitique, en l’occurrence que chaque pôle de puissance possède une sphère d’influence proche.

On continue avec la nouvelle architecture sécuritaire qui, jusque-là était régie par l’ONU et son conseil permanent, de plus en plus remis en cause par la mutation multipolaire du monde. [BRICS, OCS] Fort de ce constat, l’administration Américaine s’est (enfin) décidé à adapter sa stratégie en fonction. Elle table sur une nouvelle architecture appelle le core 5 ou C5 comprenant : États-Unis, Chine, Inde, Russie Japon. Ainsi que le C5 + 1  ou cette fois ci le 5 fait référence aux pays des ‘Stans’ anciennement des républiques soviétiques : Kazakhstan, Kirghizistan, Ouzbékistan, Tadjikistan et Turkménistan et +1 les etats-unis , le C5 est en projet le C5 + 1 est d’ores et déjà actif depuis 2015. Dans le domaine des alliances militaire le 25 juin 2025, le sénateur Mike Lee a introduit au Sénat le "NATO Act"  qui est un projet de loi exigeant  que le Président des États-Unis  dénonce le Traité de l'Atlantique Nord, conformément à l'Article 13 du traité original de 1949. Le senateur Mike Lee soutient que l'OTAN est un "vestige de la Guerre froide".Ce projet n'a pas été adopte certes, mais il traduit le virage pris par les états unis vers une 'realgeopolitik' selon le terme de Bismark.

À noter que le Kazakhstan, historiquement considéré comme l'allié le plus proche de la Russie en Asie centrale, opère un virage stratégique avec le concept central ‘multi-vectoriel’. Cette doctrine illustre la volonté du président Kassym-Jomart Tokaïev de renforcer ses liens avec d'autres puissances (UE, États-Unis Chine) pour s’affranchir de l'influence russe. Notamment avec le Mémorandum d'entente sur les matières premières critiques, les batteries et l'hydrogène renouvelable : Signé en 2024 avec l’UE et  la Déclaration de partenariat sur les minéraux critiques avec les états unis.

Enfin la nouvelle stratégie réaffirme le contrôle des ressources pour les États-Unis, en l’occurrence le pétrole et le gaz. C’est l’occasion de parler du Venezuela qu’ils viennent d’acquérir alors que déjà, les états unis étaient en excédent pour la production pétrolière. Beaucoup font l’erreur de penser qu’il s’agit de sécuriser l’approvisionnement énergétique pour la consommation américaine, c’est faux, il s’agit pour les États-Unis de contrôler assez de points d’approvisionnement pétrolier pour garantir la pérennité de dollar. Quel rapport entre dollar et pétrole ? Depuis le ‘Nixon choc’ qui désigne une série de mesures économiques radicales annoncées par le président américain Richard Nixon le 15 août 1971. Cet événement est considéré comme l'un des tournants les plus importants de l'histoire économique moderne, car il a mis fin au système financier mondial de Bretton Woods établi après la Seconde Guerre mondiale. 

« Contrôlez le pétrole et vous contrôlerez les nations ; contrôlez la nourriture et vous contrôlerez les peuples ; contrôlez la monnaie et vous contrôlerez le monde. » Henry Kissinger

À la fin des années 60, les États-Unis dépensaient énormément (guerre du Vietnam, programmes sociaux). Il y avait beaucoup plus de dollars en circulation dans le monde que d'or dans les réserves américaines. Face à une inflation grimpante et à des pays étrangers (comme la France) qui commençaient à demander l'échange de leurs dollars contre de l'or, Nixon agit sans consulter ses alliés :

  1. Fin de la convertibilité du dollar en or : C'est la mesure phare. Le dollar ne peut plus être échangé contre du métal précieux. La monnaie devient fiduciaire (basée uniquement sur la confiance).
  2. Surtaxe de 10 % sur les importations : Une mesure protectionniste pour favoriser les produits américains et forcer les alliés à réévaluer leurs monnaies.
  3. Gel des prix et des salaires : Pour une durée de 90 jours, afin de freiner l'inflation domestique.

Après le Nixon Shock de 1971, le dollar ne reposait plus sur rien de physique. Pour éviter que la monnaie ne s'effondre, les États-Unis (sous l'impulsion de Henry Kissinger) ont conclu un accord historique avec l'Arabie Saoudite [voir article Arabie Saoudite] en 1974 :

  • L'engagement saoudien : L'Arabie Saoudite (leader de l'OPEP) accepte de vendre son pétrole exclusivement en dollars US.
  • La contrepartie américaine : Les États-Unis fournissent une protection militaire au royaume saoudien et lui vendent des équipements de défense sophistiqués.

Rapidement, les autres pays de l'OPEP ont suivi le mouvement. Comme tout le monde a besoin de pétrole, tout le monde a désormais besoin de dollars. Le système crée un cycle financier vital pour l'économie américaine :

  1. Vente : Un pays (ex: la France) achète du pétrole à l'Arabie Saoudite. Il doit d'abord échanger ses euros contre des dollars.
  2. Accumulation : L'Arabie Saoudite se retrouve avec des montagnes de dollars (les fameux pétrodollars).
  3. Recyclage : Comme les Saoudiens ne peuvent pas tout dépenser, ils réinvestissent ces dollars aux États-Unis, principalement en achetant de la dette publique américaine (bons du Trésor).

Ce cycle permet aux États-Unis de s'endetter massivement à des taux d'intérêt faibles, puisque les pays pétroliers financent directement leur budget. Ainsi le dollar dépend désormais non plus de l’or mais du pétrole. Adosser à cette domination monétaire il faut adosser la domination politique  les transactions pétrolières passent par le système bancaire américain (SWIFT), les États-Unis peuvent imposer des sanctions économiques à leurs guise (comme contre l'Iran ou la Russie ect..). C’est pour cette raison que les BRICs sont à l’offensive et son entrain de créer une plateforme concurrente de transaction évoqué lors du sommet de Kazan en 2024. Enfin la prise du Venezuela permet aux états unis de contrôler 31% des réserves mondial 35% si jamais les réserves du Groenland venait à être exploite. Cela permet aux états unis de reprendre l’initiative  sur le cour du pétrole contrôler habituellement régit par les pays de l’OPEP (Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole). Mais si on voit encore plus loin, quel pays rival des etats-unis est dependant a quasiment 100% de ses importations pétrolières? La Chine.Ça veut dire que si les etats-unis rehausse le cour du pétrole ils peuvent impacter l'économie Chinoise sans impacter la leur. Voila un exemple de grande stratégie.

Les États-Unis ont annoncé un investissement colossal de 1 000 milliards de dollars dans la défense pour 2025–2026, destiné à moderniser l’ensemble de leurs capacités militaires. Les secteurs clés ciblés sont la marine (renouvellement des destroyers, frégates et sous-marins nucléaires), l’artillerie terrestre (production massive d’obus de 155 mm), les missiles et systèmes de défense antimissile (hypersoniques, Patriot, THAAD, « Golden Dome »), l’aviation (F‑35, drones, bombardiers stratégiques), ainsi que le spatial et le cyber (satellites, IA, quantique, cybersécurité). Cet effort vise à restaurer une supériorité militaire incontestée, mais il se heurte à plusieurs faiblesses structurelles. La marine américaine souffre de retards chroniques et de surcoûts dans ses programmes de construction navale, incapables de suivre le rythme de la flotte chinoise. La production de munitions de 155 mm, essentielle pour l’artillerie moderne, reste en deçà des objectifs : environ 40 000 obus par mois en 2025 contre un objectif de 100 000 repoussé à 2026. Plus critique encore, les missiles et systèmes avancés dépendent fortement des terres rares raffinées en Chine (néodyme, dysprosium, samarium-cobalt), utilisées dans les Tomahawk, Patriot, SM‑6, systèmes hypersoniques et même les F‑35. Les sanctions chinoises de 2025 sur l’exportation de ces matériaux ont ralenti la production et révélé un talon d’Achille stratégique : la dépendance américaine à des chaînes d’approvisionnement vulnérables. En somme, malgré l’ampleur historique de ce budget, la modernisation militaire américaine reste entravée par des retards industriels et une dépendance critique aux ressources étrangères, qui pourraient limiter l’efficacité de cet effort de réarmement.

En 2025 après les programmes Zummvalt , LCS , c'est au tour du programme Constellation d'avoir été abandonné initialement le cout par navire avoisinait 795 millions de dollars mais il  est passe à 1,2 de dollars par unité.

Le programme F35 accuse 3 ans de retard ainsi qu'un cout a l'heure de vol  dépassant désormais les 38 000 dollars contre 20 000 dollars pour le rafale Français.

 

Enfin la NSS 2025 dicte clairement que la conduite ne serait plus une stratégie 'morale' mais 'réaliste'  en introduction on peut lire : 

«Les jours où les États-Unis soutenaient l'ordre mondial tout entier comme Atlas sont terminés. »

Puis en page 9 :

« Nous reconnaissons [...] qu'il n'y a rien d'incohérent ou d'hypocrite à [...] maintenir de bonnes relations avec des pays dont les systèmes de gouvernement [...] diffèrent des nôtres. » 

En conclusion la publication de la Stratégie de sécurité nationale des États-Unis en novembre 2025 consacre une rupture stratégique majeure : l’abandon des illusions d’un ordre unipolaire au profit d’une vision réaliste, centrée sur la souveraineté, la puissance économique, et la maîtrise des ressources critiques. En réaffirmant la doctrine Monroe à travers une « Trump Corollary », Washington redéfinit l’hémisphère occidental comme sa sphère d’influence exclusive, tout en reconnaissant la montée en puissance d’autres pôles comme les BRICS ou l’OCS. L’émergence du concept de C5 (États-Unis, Chine, Russie, Inde, Japon) et du C5+1 (les cinq pays d’Asie centrale + États-Unis) illustre cette adaptation à la multipolarité : les États-Unis ne cherchent plus à dominer, mais à équilibrer, à influencer, et à sécuriser des partenariats stratégiques. 

Par ailleurs, adosser à la diplomatie  un investissement militaire consequent  de 1 000 milliards de dollars, vient  renforcer des secteurs clés (marine, missiles, cybersécurité, spatial, artillerie). Malgré des fragilités structurelles avec des retards dans la production cause par la dépendance aux terres rares chinoises.

Enfin, le contrôle des ressources énergétiques reste central. L’acquisition du Venezuela ne vise pas à sécuriser l’approvisionnement intérieur, mais à garantir la pérennité du pétrodollar, pilier de l’hégémonie monétaire américaine depuis le choc Nixon de 1971. La stratégie américaine de 2025 est celle d’un empire qui se réinvente : moins interventionniste, plus pragmatique, mais toujours déterminé à préserver ses intérêts vitaux par la force, l’influence et la maîtrise des leviers économiques et technologiques. Elle reflète une compréhension renouvelée du monde, où la puissance ne se mesure plus seulement en domination, mais en capacité à façonner les équilibres. A noter que l'Europe n'est pas mentionnée dans la nouvelle stratégie pas même l'Angleterre ce qui marque le déclassement de l'Europe par les etats-unis a l'instar des autres blocs [BRICs OCS].

En vous remerciant de votre lecture.