La stratégie Américaine

National Security Strategy of the united State of America 2025 

Le virage vers la multipolarite 

En novembre 2025, les États-Unis ont publié “le national sécurité stratégie 2025” une actualisation de leur stratégie nationale qui a lieu a chaque mandat. Celle de 2025 rêves d’une importance capitale, elle prend définitivement en compte la multipolarité du monde, ce qui implique des changements majeurs.

On commence avec la réaffirmation de la doctrine Monroes. [voir l’article sur le Venezuela] À savoir que Les États-Unis considèrent l’hémisphère nord comme leurs zones d’influence incontestée dans laquelle ils ont tous les droits. Pour rappel, cela peut choquer ‘moralement’, mais cette doctrine Monroes est juste la matérialisation d’un principe qui existe depuis 2 000 ans en géopolitique, en l’occurrence que chaque pôle de puissance possède une sphère d’influence proche.

On continue avec la nouvelle architecture sécuritaire qui, jusque-là était régie par l’ONU et son conseil permanent, de plus en plus remis en cause par la mutation multipolaire du monde. [BRICS, OCS] Fort de ce constat, l’administration Américaine s’est (enfin) décidé à adapter sa stratégie en fonction. Elle table sur une nouvelle architecture appelle le core 5 ou C5 comprenant : États-Unis, Chine, Inde, Russie Japon. Ainsi que le C5 + 1  ou cette fois ci le 5 fait référence aux pays des ‘Stans’ anciennement des républiques soviétiques : Kazakhstan, Kirghizistan, Ouzbékistan, Tadjikistan et Turkménistan et +1 les etats unis.

À noter que le Kazakhstan, historiquement considéré comme l'allié le plus proche de la Russie en Asie centrale, opère un virage stratégique avec le concept central ‘multi-vectoriel’. Cette doctrine illustre la volonté du président Kassym-Jomart Tokaïev de renforcer ses liens avec d'autres puissances (UE, États-Unis Chine) pour s’affranchir de l'influence russe. Notamment avec le Mémorandum d'entente sur les matières premières critiques, les batteries et l'hydrogène renouvelable : Signé en 2024 avec l’UE et  la Déclaration de partenariat sur les minéraux critiques avec les états unis.Enfin la nouvelle stratégie réaffirme le contrôle des ressources pour les États-Unis, en l’occurrence le pétrole et le gaz. C’est l’occasion de parler du Venezuela qu’ils viennent d’acquérir alors que déjà, les états unis étaient en excédent pour la production pétrolière. Beaucoup font l’erreur de penser qu’il s’agit de sécuriser l’approvisionnement énergétique pour la consommation américaine, c’est faux, il s’agit pour les États-Unis de contrôler assez de points d’approvisionnement pétrolier pour garantir la pérennité de dollar. Quel rapport entre dollar et pétrole ? Depuis le ‘Nixon choc’ qui désigne une série de mesures économiques radicales annoncées par le président américain Richard Nixon le 15 août 1971. Cet événement est considéré comme l'un des tournants les plus importants de l'histoire économique moderne, car il a mis fin au système financier mondial de Bretton Woods établi après la Seconde Guerre mondiale. 

« Contrôlez le pétrole et vous contrôlerez les nations ; contrôlez la nourriture et vous contrôlerez les peuples ; contrôlez la monnaie et vous contrôlerez le monde. » Henry Kissinger

À la fin des années 60, les États-Unis dépensaient énormément (guerre du Vietnam, programmes sociaux). Il y avait beaucoup plus de dollars en circulation dans le monde que d'or dans les réserves américaines. Face à une inflation grimpante et à des pays étrangers (comme la France) qui commençaient à demander l'échange de leurs dollars contre de l'or, Nixon agit sans consulter ses alliés :

  1. Fin de la convertibilité du dollar en or : C'est la mesure phare. Le dollar ne peut plus être échangé contre du métal précieux. La monnaie devient fiduciaire (basée uniquement sur la confiance).
  2. Surtaxe de 10 % sur les importations : Une mesure protectionniste pour favoriser les produits américains et forcer les alliés à réévaluer leurs monnaies.
  3. Gel des prix et des salaires : Pour une durée de 90 jours, afin de freiner l'inflation domestique.

Après le Nixon Shock de 1971, le dollar ne reposait plus sur rien de physique. Pour éviter que la monnaie ne s'effondre, les États-Unis (sous l'impulsion de Henry Kissinger) ont conclu un accord historique avec l'Arabie Saoudite [voir article Arabie Saoudite] en 1974 :

  • L'engagement saoudien : L'Arabie Saoudite (leader de l'OPEP) accepte de vendre son pétrole exclusivement en dollars US.
  • La contrepartie américaine : Les États-Unis fournissent une protection militaire au royaume saoudien et lui vendent des équipements de défense sophistiqués.

Rapidement, les autres pays de l'OPEP ont suivi le mouvement. Comme tout le monde a besoin de pétrole, tout le monde a désormais besoin de dollars. Le système crée un cycle financier vital pour l'économie américaine :

  1. Vente : Un pays (ex: la France) achète du pétrole à l'Arabie Saoudite. Il doit d'abord échanger ses euros contre des dollars.
  2. Accumulation : L'Arabie Saoudite se retrouve avec des montagnes de dollars (les fameux pétrodollars).
  3. Recyclage : Comme les Saoudiens ne peuvent pas tout dépenser, ils réinvestissent ces dollars aux États-Unis, principalement en achetant de la dette publique américaine (bons du Trésor).

Ce cycle permet aux États-Unis de s'endetter massivement à des taux d'intérêt faibles, puisque les pays pétroliers financent directement leur budget. Ainsi le dollar dépend désormais non plus de l’or mais du pétrole. Adosser à cette domination monétaire il faut adosser la domination politique  les transactions pétrolières passent par le système bancaire américain (SWIFT), les États-Unis peuvent imposer des sanctions économiques à leurs guise (comme contre l'Iran ou la Russie ect..). C’est pour cette raison que les BRICs sont à l’offensive et son entrain de créer une plateforme concurrente de transaction évoqué lors du sommet de Kazan en 2024. Enfin la prise du Venezuela permet aux états unis de contrôler 31% des réserves mondial 35% si jamais les réserves du Groenland venait à être exploite. Cela permet aux états unis de reprendre l’initiative  sur le cour du pétrole contrôler habituellement régit par les pays de l’OPEP (Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole) 

En somme, la stratégie de 2025 est le passage d'une Amérique "Gendarme du monde" à une Amérique "Investisseur et Protecteur". Notons qu'il n'est pas mention de l'Europe ni de l'Angleterre , une premiere qui confirme que les états unis ne considerent plus l'Europe comme un pole de puissance  à l'instar des autres alliances de la planete comme les BRICs ou l'OCS. La puissance américaine, que certains disaient à son crépuscule, n'a pas dit son dernier mot : sa nouvelle stratégie, qui s'étendra bientot désormais jusqu'au verrou arctique du Groenland, lui permettra d'aller au bout de ses ambitions pour restaurer son contrôle total sur l'ensemble de sa sphère d'influence. 

« Le Groenland devrait faire partie des États-Unis. Par quel droit le Danemark affirme-t-il son contrôle ? Les États-Unis sont la puissance de l'OTAN. Personne ne nous défiera militairement sur l'avenir du Groenland. » Stephen Miller

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